ALIGOSTA

AméLIoration des connaissances sur la lanGOuste rouge : 

âge, maturité Sexuelle eT STRUCTURE DE populAtion

Financement

Le FEAMP ou Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche est un programme de l'Union Européenne qui subventionne des projets encourageant une pêche ou une aquaculture durable, innovante et compétitive, améliorant l'emploi et l'intégration territoriale ou promouvant une politique de pêche commune.
La Mesure 28 du FEAMP vise à créer un partenariat entre scientifiques et pêcheurs afin d'améliorer les connaissances sur l'état de certains stocks et sur les activités de pêches. Elle présente 4 volets : suivi régulier de l'état des stocks halieutiques par des indices d'abondance, amélioration des données de capture, de rejets et d'effort de pêche, amélioration des connaissances sur les espèces halieutiques et diffusion des résultats.

Le projet ALIGOSTA est donc financé à hauteur de 80% par ce fond, dont 75% viennent de l'UE et 25% de L’État français.

Les 20% restant sont apportés par France Filière Pêche (FFP), association créée en 2010 ayant pour volonté d’œuvrer sur le long terme en faveur de la production et de la commercialisation des ressources maritimes françaises. Cette organisation soutient également plusieurs projets, choisis chaque année,  autour de la durabilité de la pêche (amélioration des connaissances, économies d'énergie, diminution des rejets, approche écosystémique des pêcheries...).

Contexte

La langouste rouge, ressource centrale en Méditerranée, a été évaluée comme espèce ‘’Vulnérable’’ dans la liste des espèces menacées de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). A l'échelle planétaire, malgré de fortes variabilités interannuelles, les débarquements de langouste ne cessent de décliner depuis les années 60. En Corse, la même tendance est observée, la production moyenne était de 300 tonnes par an dans les années 1970, de nos jours, seulement  80 tonnes sont estimées au cours des années 2000. Pourtant, la Corse est considérée comme une zone où la pression de pêche est faible par rapport au reste de la Méditerranée. La langouste rouge a une haute valeur commerciale et représente un important intérêt économique pour la pêche artisanale. Le prix de vente au kilo de la langouste rouge en Corse fluctue entre 50 et 100 euros en fonction de la période de l’année et du type de vente (poissonnier, restaurant ou particulier). Malgré l’existence de données halieutiques sur la pêcherie artisanale de la langouste, il existe un manque de connaissances sur la biologie et sur les éléments clés du cycle de vie de cette espèce. La mise en place de mesures de gestion efficaces dépend fortement de ces connaissances acquises sur l'écologie et le comportement de l’espèce, tels les habitats préférentiels (zones de nourrissages, frayères, nurseries…), ou encore leurs capacités de mouvements. La langouste rouge focalise ainsi des intérêts environnementaux, sociétaux et économiques certains en Méditerranée et en Corse en particulier.

Nom latin : Palinurus elephas
Nom vernaculaire : Langouste rouge
Lieu de vie : 0-200m de profondeur, fonds rocheux

Longévité : la larve de langouste met 5-6 ans à devenir adulte et un individu peut vivre jusqu'à 30 ans (âge maximum présumé)

Taille : 30 à 50cm

Alimentation : échinodermes, mollusques, algues, éponges, bryozoaires, annélides

objectifs

Le projet ALIGOSTA vise à acquérir les données nécessaires pour améliorer l’état des connaissances sur la biologie et la structure des populations de P. elephas en Corse.  Les 4 objectifs sont de :

1) Explorer les opportunités et la faisabilité de nouvelles techniques de détermination directe de l’âge, par la détection et caractérisation de marqueurs de sénescence (processus physiologique à l'origine du vieillissement entraînant une lente dégradation des fonctions de la cellule). Établir une corrélation entre le taux de vieillissement des cellules et l’apparition de ces marqueurs en fonction des stades de développement de la langouste. Comparer et corréler ces estimations d’âges avec des modèles de croissances «classiques».

2)  Estimer la relation taille-fécondité, la biomasse féconde et le potentiel reproducteur de P. elephas autour de la Corse. Étudier les caractères sexuels primaires/secondaires, tester leurs fiabilités pour déterminer la maturité physiologique, morphologique et fonctionnelle de l’espèce. Étudier les potentielles modifications des traits évolutifs/morphologiques tant au niveau macroscopique que microscopique et les processus de sélection induits par la pression de pêche.

3) Améliorer la compréhension de la connectivité et de la dynamique de population à l’aide de marqueur génétique. Estimer l'ampleur du flux de gènes et la connectivité parmi les populations de P. elephas en Corse. Évaluer l'effet de différentes barrières océanographiques (courants, masses d’eau) et mesures de protection (ex : Aires Marines Protégées) sur la structure de population. Examiner si la variabilité génétique actuelle de P. elephas est affectée par la surpêche actuelle et/ou par des facteurs historiques.

4) Estimer les paramètres de population (abondance, survie, recrutement, déplacement) à l’aide de méthodes de capture-marquage-recapture (CMR). Étudier les capacités de mouvement et identifier à quelle échelle spatiale se déroulent ces déplacements à l’aide de techniques telles que le marquage externe individuel (ex : tags spaghetti). 

Cette méthode pourrait aider à comprendre les déplacements individuels et les échanges potentiels entre populations mais aussi compléter les résultats obtenus en ce qui concerne la structure de la population identifiée par les marqueurs génétiques.
Ce projet apportera aux acteurs et décideurs locaux, une meilleure compréhension du rôle de cette espèce au sein de l'écosystème et prédire les possibles conséquences écologiques de certaines mesures de gestion et/ou l’impact du changement climatique.